Escalader le Mont Fuji : une ascension intense

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Chaque année, de début juillet à mi-septembre, le mont Fuji ouvre ses portes à tous les randonneurs qui souhaitent le gravir. Motivation et courage sont de rigueur si vous souhaitez atteindre le sommet du Japon.

Grimper le Mont Fuji : un trajet bien balisé

les-stations-du-mont-fujiAfin d’escalader le Mont Fuji, il faudra en premier lieu vous rendre à la 5ème station de la montagne par bus. Certains aventuriers commencent l’ascension depuis le niveau zéro de la montagne, mais cela ne représente qu’un pourcentage infime des grimpeurs et l’ascension se compterait alors en jours. Pour une première expérience, faîtes donc comme tout le monde et choisissez de partir de la 5ème station. Vous aurez déjà bien assez à souffrir! Des bus vous conduiront à cette station depuis la gare de Kawaguchiko, ou depuis Tokyo. Pour plus d’informations, je vous invite à consulter le site de la compagnie Highway buses qui effectue les trajets.

Une fois arrivés à cette 5ème station, prenez le temps de vous poser un petit peu. Il est recommandé de rester au moins une heure sur place pour que votre organisme puisse s’acclimater aux 2300 mètres avant de continuer à grimper. Vous ne voudriez pas attraper le mal d’altitude! La station regorge de petits restaurants (certes assez chers et de qualité moindre par rapport au reste du Japon) et de boutiques dans lesquelles vous pourrez acheter le dernier matériel qu’il vous manque pour l’ascension. Une fois ce temps de repos passé, vous pouvez décoller et commencer à grimper la bête. Afin de prendre votre temps lors de l’ascension et d’arriver au sommet pour le lever du soleil, je vous conseille de partir vers 19 ou 20h.

Tous les chemins mènent au Mont Fuji. Pas vraiment, en fait il y en a 4. Le site permet en effet de choisir entre 4 routes différents qui vous mèneront au sommet. Comptez entre 5 et 7 heures pour arriver au sommet par tous les chemins. Certains d’entre eux sont néanmoins plus difficiles et la grande majorité des grimpeurs empruntent le chemin jaune : le Yoshida trail. Il s’agit du chemin historique du Fuji, qui a l’avantage d’abriter de nombreuses stations où vous pourrez vous ravitailler et vous reposer. Si certains aventuriers préfèrent sortir des sentiers battus et gravir le Fujisan hors-saison, il est fortement déconseillé de la faire si vous tenez à votre vie. Le grimper en été par le chemin le plus facile est déjà une sacrée aventure, croyez-moi.

Les choses à emporter avec vous au Mont Fuji

Avant toute chose, voici une liste non exhaustive de tout ce que vous ne devez pas oublier de prendre avec vous avant de vous lancer dans l’ascension du Mont Fuji.

  • Plusieurs couches de vêtements chauds à mettre au fur et à mesure de votre montée.
  • Plusieurs bouteilles d’eau (Attention, vous pourrez en acheter aux stations de la montagne lors de l’ascension, mais pas lors de la descente!)
  • Des encas énergétiques. Pensez à passer au conbini avant de grimper et à acheter des barres de céréales en tout genre, des onigiri, et tout ce qui vous permettra de garder de l’énergie en grimpant.
  • Des gants très chauds. (il fait froid en haut du mont Fuji)
  • Une lampe frontale.
  • De bonnes chaussures de randonnée.
  • Un K-way ou un blouson contre la pluie. (Si vous n’en avez pas, vous pouvez acheter des capes transparentes dans la plupart des conbinis.
  • Un appareil photo (mais attention, car avec le froid les batteries s’épuisent en quelques minutes)
  • Un grand bol de motivation
  • Un grand sac à dos capable de stocker tout ça

Le Mont Fuji : une montée longue et difficile

torii-sommet-mont-fujiAu début, l’ascension du Mon Fuji ressemble à une petite balade de santé. Vous commencez sur des distances à peine en pente et sifflotez joyeusement en admirant déjà la vue sublime sur la vallée avoisinante depuis la montagne. Vous passerez les premières étapes sans grandes difficultés. Quelques côtes commenceront à vous faire les jambes, mais vous tomberez rapidement sur chaque prochaine station à tel point que vous aurez l’impression que tout ça ira trop vite. Ne soyez pas si confiant, vous allez vite redescendre sur Terre. Déjà à partir de 2 heures d’escalade, vous verrez les chemins devenir de plus en plus raides, et vous commencerez à utiliser tous vos membres pour grimper. C’est à ce moment là que vous commencerez à vous dire que la nuit sera longue, très longue. En route pour la nuit et profitez de la vue magnifique!

La dernière heure est incontestablement la plus difficile. Au froid de plus en plus rude viendront s’ajouter des vents très violents. La montagne étant en forme de cône, les chemins au top de celle-ci sont de plus en plus étroits et la montée de plus en plus raide. Certaines parties sont carrément dangereuses et avec l’humidité un mauvais mouvement suffirait pour vous faire tomber dans le vide, faîtes donc très attention à vous et à vos amis. A cette étape de la montée vous devrez en plus collaborer avec les centaines d’autres grimpeurs qui eux aussi ne veulent surtout pas louper le lever du soleil. Lorsque vous apercevrez au loin un grand Torii en bois : vous y serez. Il ne vous restera plus qu’à utiliser vos dernières forces et à gravir les derniers rochers jusqu’au toit du Japon.

Une ascension qui en vaut le coup

Bravo, vous y êtes! Si tout se passe comme prévu, vous devriez vous sentir complètement éreintés, affamés, frigorifiés mais emplis d’un immense bonheur car ça y est : vous avez grimpé le Mont Fuji ! La première chose à faire est de s’installer tranquillement avec les autres voyageurs face au soleil levant et à admirer le spectacle. Le moment est véritablement magique et la beauté de l’instant suffit à lui seul à rattraper votre longue et rude nuit d’escalade. Prenez le temps d’apprécier les premières lueurs du soleil qui vous illumineront par dessus les nuages. Le Mont Fuji : à faire une fois dans sa vie.

Voici ici une vidéo Live réalisée en direct du sommet du Fuji, après mon ascension. Joie, fatigue et énormes cernes dans les yeux!

La descente du Mont Fuji

la-descente-du-mont-fujiTrop de gens l’oublient ou n’y pensent tout simplement pas, et pourtant! La descente est à mon sens pire que la montée! Mettons nous dans l’ambiance. Vous venez de passer votre nuit dans le froid le plus total à grimper sans relâche le plus haut sommet du Japon. Vous n’avez dans le ventre que quelques barres de céréales achetées au conbini pour la montée et un petit râmen acheté au haut du Fuji pour vous réchauffer. Vous êtes humides et transpirants de la tête aux pieds. Et là vous y pensez : « Ah M**** il faut redescendre maintenant ». Et oui, et croyez-moi la descente n’est pas une partie de plaisir. Le sentier principal est formé en zig-zags et sur un terrain de gravillons continu. Ce chemin étant plutôt pentu, vos pas glisseront tout seuls vers le bas. Il vous faudra donc faire attention de ne pas trébucher ou de ne pas aller trop vite au risque de ne pas réussir à vous arrêter et de tomber dans le vide.

Si la descente du Mont Fuji est moins longue que la montée, elle paraît vite interminable, notamment car il n’y a aucun endroit où vous puissiez acheter de l’eau jusqu’au retour à la 5ème station. Pensez donc à préserver assez d’eau pour la descente du Fuji, sans quoi cela sera très difficile. N’oubliez pas que c’est l’été et qu’il fait généralement très chaud. Ainsi plus vous descendrez et plus vous ressentirez la chaleur vous envahir. Vous commencerez donc à enlever une à une vos couches de vêtements avec lesquelles vous vous étiez si bien emmitouflés la veille. Bon courage, c’est bientôt la fin. Une fois à la 5ème station, filez dans le bus et laissez vous conduire jusqu’à un bon Onsen pour vous relaxer!

Le mal aigu des montagnes

L’une des choses qui m’effrayaient avant de grimper le Mont Fuji : c’était le mal aigu des montagnes. Il s’agit d’une maladie qui touche un grand pourcentage de personnes lorsqu’elles se rendent dans des milieux en altitude. Les premiers symptômes peuvent commencer dès 2000 mètres et deviennent de plus en plus grave si l’on continue l’ascension. Cela peut aller de simples céphalées, maux de ventres à des vomissements voire des œdèmes pulmonaires ou cérébraux dans les cas les plus graves (genre en haut de l’Everest). Le mal des montagnes serait en grande partie du au manque d’oxygène en altitude. Il n’y a pas de prédispositions particulières qui fait que quelqu’un soit plus ou moins sensible à ce mal et tout le monde peut-être touché. Il existe cependant quelques astuces à mettre en place pour éviter que cela n’arrive. Ne grimpez pas trop vite pour laisser le temps à votre organisme de s’habituer à l’altitude. Faîtes des pauses. Enfin, si le mal devient trop insupportable, ne vous acharnez pas à continuer l’ascension. Redescendre d’altitude est le seul remède connu à ce jour. En espérant que cela ne vous arrive pas le jour de votre ascension, mais on ne joue pas avec la santé.

Galerie photos du Mont Fuji

Et maintenant, quelques photos pour vous donner l’envie et le courage d’y aller. Courage!

Celui qui gravit le Mont Fuji une fois est un sage.

Celui qui le gravit 2 fois est un fou.

Véritable passionné du Japon, je reviens d'une année complète passée à visiter le pays de long en large. En espérant que le contenu de mon site vous plaira, n'hésitez-pas à me contacter pour tout projet intéressant!

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