Geisha : leur histoire, leur vie, où les trouver.

Geisha, leur histoire, leur vie et où les trouver

Parmi les multiples fantasmes que nourris le Japon, il en existe un plus fort que les autres car plus beau et plus poétique : les geisha. Qui sont ces ravissantes femmes qui représentent à elles-seules toute la culture du Japon traditionnel et qui pourtant aujourd’hui se cachent des touristes ? Découvrons ensemble dans cet article qui sont les geisha, quelle est leur Histoire et où peut-on les rencontrer aujourd’hui.

Histoire des Geisha

Le monde fermé des Geisha intrigue encore aujourd’hui énormément. Symboles de la culture et du raffinement japonais, il est pourtant très difficile pour les touristes lambda de s’en approcher. Leur existence et leur rôle est empreint de mystère. Les Geisha sont à la fois scrutées par tout le quartier où elles exercent régulièrement et par le monde entier. Elles passent normalement la quasi-intégralité de leur carrière au sein d’une Okiya (maison de Geisha), et consacrent leurs vies aux arts traditionnels (la danse, l’art floral, la cérémonie du thé, l’habillement en kimono, la maîtrise d’un instrument de musique, les jeux…). Leur fonction principale est le divertissement de convives très fortunés lors de banquets qu’on appelle les Zashiki et qui viennent chercher leur compagnie honorable. Mais d’où viennent les Geisha et comment est né cet art qu’elles perpétuent religieusement depuis des centaines d’années ?

Tout commence à Gion, le quartier sans doute le plus connu de la ville de Kyoto, aux environs du 13ème siècle. Comme pour beaucoup de professions de haut-rang, ce furent d’abord des hommes qui eurent la noble tâche de divertir les seigneurs. On les appelait les Taikomochi. Maîtres dans l’art de la cérémonie du thé, ils étaient également de fins danseurs et connaisseurs des arts. Pendant très longtemps la poudre blanche caractéristique des Geisha, l’Oshiroi, n’étaient d’ailleurs utilisée que par les hommes. Dans les années 1700, quelques femmes vinrent rejoindre les rangs des Taikomochi pour devenir ensuite de plus en plus nombreuses et faire disparaître les hommes. La société des Geiko « femmes des arts » était née à Kyoto. Celle-ci fut d’ailleurs régie par le gouvernement japonais qui décréta notamment l’interdiction des prestations sexuelles aux Geisha, acte réservé aux prostituées.

L’âge d’Or des Geisha eut lieu du 19ème siècle au milieu du 20ème siècle. Le nombre de Geisha était alors de plusieurs dizaines de milliers non seulement à Kyoto mais aussi dispersées dans tout le Japon. Boostée par la clientèle samouraï et par le gouvernement Meiji, l’économie des quartiers des plaisirs où exercent les Geisha fut extrêmement florissante. Une simple soirée avec des invités prestigieux pouvait rapporter des centaines de milliers de Yen et les Geisha les plus prestigieuses ne manquaient alors pas de travail ni de courtisans. Avec le temps et les événements de l’Histoire, le nombre de Geisha et l’activité autour de ce secteur a beaucoup baissé. Lors de la guerre, le quartier des plaisirs fut fermé et on réquisitionna l’aide des Geiko et Maiko dans l’effort de guerre. Malgré une réouverture après la défaite du Japon, le nombre de Geisha n’a cessé de décliner pour se situer aujourd’hui aux environs de 200. Heureusement, l’avenir est encourageant et l’on compterait depuis quelques années une recrudescence du nombre de jeunes filles souhaitant rejoindre le monde des arts. Affaire à suivre.

La vie d’une Geisha

Comment devient-on une Geisha ?

Bienvenue au Karyukai, le monde des fleurs et des saules. C’est ici, dans les quartiers traditionnels des grandes villes japonaises comme le quartier de Gion à Kyoto, que vivent les Geisha. Chaque année, de nouvelles jeunes filles viennent y vivre en espérant devenir un jour de belles et fières Geiko. Mais comment sont recrutées ces jeunes filles?

Il y a plusieurs décennies, ce sont les maîtresses des Okiya elles-mêmes qui allaient à la recherche des futures grandes Geisha dans les familles pauvres des campagnes. Devenir membre d’une Okiya permettait souvent aux familles dans le besoin de s’acquitter d’une dette. On donnait alors une forte somme d’argent aux familles en contrepartie de l’adoption de leur fille et de la certitude de faire d’elle une femme élégante et fortunée. Le premier critère de sélection était bien souvent la future beauté soupçonnée des jeunes filles aux cheveux et yeux bien noirs et aux traits fins. Depuis, le recrutement et la législation ont évolués. Il n’est plus possible aujourd’hui de recruter de futures Geisha dès leur plus jeune âge (L’apprentissage commençait alors traditionnellement le 6ème jour du 6ème mois de la 6ème année). Celles-ci peuvent venir se présenter d’elles-même et suivre des sessions de recrutement à partir de la fin de l’adolescence.

Une fois sélectionnées, on attribut aux jeunes filles une grande sœur, souvent une Geiko confirmée de l’Okiya, qui se chargera de s’occuper de son apprentissage. Toutes les sœurs sont sous l’autorité de la mère de la maison, titre honorifique et héréditaire. Lorsque la jeune fille entre dans l’Okiya elle est nourrie, blanchie, logée et ouvre généralement une dette qu’elle devra rembourser lorsqu’elle sera devenue une vraie Geisha.

Un long apprentissage

Devenir une Geisha confirmée passe par des années de préparation et un long apprentissage. La première tâche d’une Geisha en devenir consiste souvent en le nettoyage de l’Okiya et les tâches ménagères. L’apprentie apprend là à tenir un espace propre et pur et à se donner à la tâche à 100%. C’est ensuite que viennent les premiers usages comme l’apprentissage du dialecte propre aux Geisha quelque peu différent du japonais classique. Plus distinguée, la Geisha ne dit par exemple pas « Hai » mais « Hei » et apprend tout au long de son apprentissage à converser d’une manière élégante et distinguée. Ses moindres gestes et la façon qu’elle a de les effectuer sont codifiés. Ainsi elle doit apprendre à se baisser pour entrer dans une pièce Tatamis en ouvrant la porte avec ses 2 mains d’une façon toute particulière. C’est ainsi, et pour tous les mouvements de la vie, qu’une Geisha en devenir doit apprendre à se comporter au quotidien. Un peu plus tard elle apprendra les arts et s’y perfectionnera. Vouée à devenir une compagnie de renommée, la Geisha n’est pas une simple servante et doit savoir rester digne et fière en toute situation. De sa tendre enfance à la fin de son activité, la vie d’une Geisha est éreintante et pleine de sacrifices. Heureusement elle est aussi source de joie et d’honneur.

La vie d’une Maiko

La vie des jeunes filles change du tout au tout une fois qu’elles deviennent des Maiko. Alors que leurs sorties de l’Okiya se font auparavant rares, celles-ci deviennent presque quotidiennes, parfois intempestives. En plus de leur apprentissage qui leur prend déjà beaucoup de temps, les Maiko sont désormais invitées très régulièrement à se produire dans les Ochaya (les maisons de thé) du quartier. Elles apprennent là l’essence même de leur travail : divertir les clients fortunés qui viennent passer un moment agréable dans un Ochaya. Le principal souci de la Maiko est de prendre soin à ce que le client passe un bon moment et apprécie sa compagnie. Celle-ci peut être invitée à danser, jouer d’un instrument ou tout simplement converser élégamment avec son invité. Durant tout leur apprentissage et tout au long de leur vie, les Maiko et Geisha sont poussées à s’instruire et à s’intéresser aux arts et à la culture. Elles pensent d’ailleurs souvent à se documenter sur leur invité du soir en lisant rapidement leurs ouvrages par exemple. Il s’agit là de la moindre des politesses de connaître le travail de son invité. Les soirées en Ochaya sont aussi parfois de pures rencontres professionnelles entre businessman. Dans ces cas là, les Maiko et Geisha doivent savoir se mettre en retrait et être prêtes à servir leurs invités s’ils en font la demande. La vie du quartier fait également partie des priorités de la future Geisha. Il est primordial de prendre le temps d’aller saluer les propriétaires des Ochaya pour se montrer et représenter l’Okiya.

Devenir une Geiko

C’est au terme d’une grande et belle cérémonie et après des années d’épreuves et de travail qu’une Maiko peut enfin devenir une Geiko. Elle n’est alors plus une enfant et la redéfinition de son apparence en est la preuve. Sa coiffure change, son col auparavant rouge devient entièrement blanc, la poudre rouge sur ses pommettes n’est plus qu’un souvenir… La Geiko est une maîtresse des arts et de la délicatesse confirmée. Les Zashiki auxquels elle participe sont souvent extrêmement bien rémunérés et celle-ci ne commet plus aucun imper. La Geiko est l’incarnation et l’honneur de tout son Okiya et se doit ainsi d’agir en conséquence. Certaines d’entre elles n’ont pas une minute à elles et sont amenées à se représenter dans tout le Japon voire même parfois dans le monde entier. Un honneur aussi grand que la fatigue accumulée. Plus tard, il arrive que la Geiko doivent prendre en charge la vie entière de l’Okiya, s’occuper de l’organisation du travail des Maiko et des apprenties, faire les comptes… Il leur faudra également trouver de nouvelles jeunes filles qui deviendront plus tard les nouvelles vedettes du quartier et les fiertés de l’Okiya. Une fois leur travail terminé, d’autres Geiko quittent elles totalement le quartier des plaisirs et fondent une famille, souvent au bras d’un de leurs anciens clients réguliers.

Où rencontrer des Geisha ?

Comme énoncé plus haut dans l’article, les Geisha sont aujourd’hui en nombre restreint et ne sont plus établies dans toutes les villes du Japon. De plus, celles-ci sont plutôt discrètes au sein des quartiers où elles officient et ne s’offrent en spectacle que pour leurs clients lors des Zashiki ou de quelques autres événements. Si vous souhaitez avoir une chance de croiser des Geisha, le meilleur des moyens est encore de se poster au cœur des quartiers historiques appareil photo à la main et d’attendre que celles-ci sortent de leurs Okiya. Ainsi vous pourrez réaliser quelques clichés comme ceux-ci que j’ai pu prendre dans les quartier historiques de Kyoto et Kanazawa :

Chose importante : veilliez à ne pas importuner les Geisha dans leurs allées et venues pour ne pas leur rendre la vie difficile et par marque de respect. Si vous avez beaucoup de  chance, certaines d’entre elles accepteront même peut-être de poser à vos côtés pour une photo souvenir. J’ai bien dit peut-être.

Si vous ne souhaitez pas simplement observer furtivement ces dames mais les rencontrer, la tâche risque d’être plus ardue. Les dîners sont réservés à une clientèle très fortunée et il est à mon avis plutôt difficile d’entrer dans ces cercles. En revanche, certains événements organisés permettent à une plus grande partie de la population de découvrir l’univers des Geiko et des Maiko. C’est le cas du Miyako Odori, où chaque année les Geisha de Gion célèbrent l’arriver des fleurs de cerisiers avec des danses et un spectacle enivrant.

En apprendre plus sur les Geisha

Afin de documenter cet article, j’ai utilisé plusieurs ressources que je peux donc vous recommander aujourd’hui.

Ma vie de Geisha – Mineko Iwasaki – Débarquée à à peine 5 ans dans le quartier de Gion pour devenir une future grande Geiko, Mineko a aujourd’hui quittée le monde des arts traditionnels et mène une vie de famille normale. Avec beaucoup de recul, elle raconte toutes ses années passées au sein de l’Okiya et sa vie de Maiko. Immersif et très facile à lire, le récit de Mineko permet d’appréhender le monde des Geisha de l’intérieur et de s’imprégner des ressentis des jeunes Maiko dans l’apprentissage de leur fonction. Pression, fatigue, protocole mais aussi honneur et fortune. Je recommande.

Mémoires d’une geisha – Rob Marshall – Pour ceux qui n’aiment pas lire et préfèrent le cinéma. Le film retrace la vie d’une Geisha telle qu’elle peut l’être dans la réalité. Soucieux de ne pas trop déformer la vérité, le réalisateur a notamment fait appel à Mineko Iwasaki en tant qu’observatrice. Un bon divertissement qui vous plongera le temps d’une soirée dans le monde des Geisha.

Véritable passionné du Japon, je reviens d’une année complète passée à visiter le pays de long en large. En espérant que le contenu de mon site vous plaira, n’hésitez-pas à me contacter pour tout projet intéressant!

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