Travailler dans un Ryokan au Japon – mon expérience

Travailler dans un Ryokan au Japon

Soucieux de toujours m’aventurer davantage au cœur du Japon, j’ai décidé de partir travailler dans un Ryokan niché dans la montagne japonaise pendant 10 jours. Une expérience inoubliable.

Je bosserais bien dans un ryokan

Après déjà plusieurs mois passés au Japon et une première expérience en wwoofing réussie, j’ai voulu retenter l’expérience dans un cadre totalement différent : travailler dans un Ryokan! Un rêve pour certains, un gros kiff pour moi! Les Ryokans sont les hébergements traditionnels japonais que l’on retrouve partout au Japon. Comparables à des hôtels, ils ont certaines particularités qui les distinguent pourtant nettement et en font des lieux atypiques et relaxants pour y passer quelques nuits. Les chambres des ryokan sont habituellement recouvertes de tatamis et on y dort sur un futon. Cet ensemble de tatamis et les constructions souvent en bois donne aux Ryokans un charme unique. A l’intérieur, on trouve aussi souvent des Onsen, les sources d’eau volcanique japonaises, idéales pour se relaxer après une grosse journée. Un un mot, une nuit en Ryokan est un passage obligé pour qui souhaite faire un séjour au Japon. Et bien moi, j’ai voulu y travailler.

Afin de réaliser ce nouveau défi, je suis donc retourné sur la plateforme Wwwoofing pour y chercher des hôtes prêts à m’accueillir. Parmi de nombreuses fermes à la recherche de main d’oeuvre, j’ai fini par trouver mon bonheur : un Ryokan au sud du Kansai, le long du chemin de pèlerinage Kumano Kodo.  La localisation du Ryokan m’a totalement satisfait puisque j’avais prévu un road-trip de plus d’un mois à travers le Kansai à cette même période. J’ai donc convenu d’un rendez-vous avec le maître d’hôtel Jian 2 semaines à l’avance et je suis parti à l’aventure profiter de mon 9ème mois au Japon avant de rejoindre le Ryokan Kiri no Sato Takahara pour y travailler une dizaine de jours.

Un paradis dans la montagne

Le paradis existe, et il se situe à Takahara! Avec le recul, je crois que cette expérience en Ryokan fut certainement la plus heureuse de tout mon PVT Japon. 10 jours hors du temps dans les montagnes japonaises à travailler au milieu de gens adorables dans un cadre magnifique, le tout avec une météo idéale!

J’arrivai à mon Ryokan dans la soirée, après une semaine à Kyoto et une journée passée à la plage de Shirahama. J’avais rendez-vous avec Jian près d’un petit arrêt de bus perdu dans les montagnes sans me douter que le Ryokan se trouvait… encore beaucoup plus loin dans la montagne! Bienvenue dans le Japon loin, très loin de l’agitation et des buildings. Pas un seul konbini à 5km à la ronde, mais la montagne, les forêts de pins et les rizières à perte de vue. Ma rencontre avec Jian fut haute en couleurs, autant que peut l’être sa personnalité. “Bonjour Alex, tu vas bien? Oh le téléphone sonne, tu peux prendre l’appel?”. Je me suis donc retrouvé en quelques secondes en communication avec un britannique qui souhaitait transférer ses bagages d’un hôtel vers le Ryokan et me demandait des renseignements. Renseignements que je n’avais bien évidemment pas! Me voyant mi-paniqué mi-amusé, mon hôte reprit le téléphone et répondit à ce pauvre monsieur. Voici exactement la personnalité de Jian, et qui allait rythmer mon séjour dans ce Ryokan : joueur, dynamique et chaleureux.

Une fois arrivé au Ryokan qui surplombe la montagne, j’appris que je devrais commencer à travailler le soir-même en cuisine. J’avais 1 heure pour m’installer dans ma nouvelle chambre et enfiler ma tenue de cuistot pour filer en cuisine. Vous pensez que je logeais dans une des chambres du Ryokan? Détrompez-vous et appelez-moi Astérix. Ma nouvelle maison pour 10 jours était une hutte en terre cuite construite près du Ryokan. Plutôt spacieuse et bien meublée, elle avait surtout l’énorme avantage d’offrir un panorama absolument magnifique sur la vallée. Je vous laisse découvrir ça en images.

Travailler dans un Ryokan : mon quotidien

Mon quotidien au Ryokan était très bien rôdé. Levé à 7h pour un petit déjeuner ensoleillé avec vue sur la vallée suivit de 3 heures de travail. Chaque journée est différente. Certains matins j’aide les femmes de chambres à nettoyer toutes les chambres du ryokan : retirer les draps, plier les futons, ranger les chambres, passer l’aspirateur sur les tatamis et aérer la chambre. D’autres matins je vais en cuisine aider à la préparation des repas, je nettoie l’hôtel ou encore je vais cueillir des plantes qui serviront d’aromates pour les plats servis par le Ryokan. Tout le staff est adorable et habitué à recevoir chaque mois des étrangers qui viennent leur donner un coup de main. Ils aiment essayer d’en savoir plus sur ceux qui, comme moi, viennent passer un peu de leur temps ici.

A 11h, j’ai terminé les tâches de la matinée et je suis donc libre jusqu’à 18h. Ce qui me laisse 9h pour profiter du lieu, des paysages et de ce que la vallée a à m’offrir. J’ai pris l’habitude d’aller étudier un peu de japonais en plein air pas loin du Ryokan jusqu’à midi, puis je rentre déjeuner. Chaque jour j’ai droit à des repas japonais exceptionnels, mais ça, j’en reparlerai plus tard. Je passe mes après-midi en pleine nature. Hors de question de rester au Ryokan, je suis un aventurier. L’hôtel a l’avantage d’être situé en plein sur le chemin de pèlerinage du Kumano Kodo qui est absolument magnifique. Au programme : immersion dans la forêt sur de vieilles routes pavées et remplies d’Histoire avec quelques stops devant de rares sanctuaires perdus au milieu du chemin.

D’autres jours, je choisis de descendre dans la vallée à 1h de marche pour rejoindre une rivière près de quelques habitations. Les jours de beau temps, certains pêchent et d’autres s’y baignent. Je rejoins alors les seconds et profite du superbe panorama pour me reposer. Quelque-fois, l’une des membres du staff du Ryokan qui habite en face du lac et qui me reconnait vient m’apporter une glace et discuter un peu. Je garde un souvenir impérissable de ces après-midi. Ne voulant pas bouger, le retour au Ryokan se fait toujours à la hâte et je dois courir dans la montagne pour arriver à l’heure. Les soirées sont consacrées à la préparation des tables, des repas et au service en salle. Chaque détail compte. Ainsi chaque plat a une disposition spécifique et les baguettes doivent être déposées au millimètre près. L’établissement propose une cuisine de grande qualité et il faut que le service soit parfait. La politique de la maison n’est cependant pas du tout à la japonaise. Pas de grand sourires forcés et de courbettes ici, mais plutôt un accent mis sur la convivialité avec les clients. Il n’est donc pas rare de passer quelques minutes à discuter avec eux, voire même de jouer de la musique ou chanter en plein repas. Cela n’en est pas moins fatiguant puisqu’une fois de retour en cuisine il faut s’activer! Lavage, épluchage, dressage, mijotage…

21h. Mon service est terminé et il ne reste que quelques clients encore attablés ou qui fument une cigarette sur la terrasse. Je les rejoins et profite encore une fois du magnifique panorama et du silence de la montagne. Quelques minutes plus tard arrive mon repas et celui des membres du staff, un vrai régal! La chef cuisinière ne parle que japonais et comprend très mal l’anglais. Toute discussion est donc difficile mais une chose est sûr : celle-ci est adorable. Elle nous demande chaque soir quel plat japonais nous aimons et prépare elle-même ses meilleures recettes. C’est certainement ici que j’ai mangé les meilleurs plats japonais de tout mon PVT Japon : Omurice maison, Hambagu maison, Taco rice maison, Tonkatsu maison… Merci au grand merci pour tous ces plats délicieux! Une fois le ventre bien rempli, mes compagnons et moi pouvons alors profiter du Onsen du Ryokan avec vue sur la vallée. De quoi faire de beaux rêves et terminer cette superbe journée!

Travailler dans un Ryokan : une expérience inoubliable

Que ce soit en matière de paysages, de rencontres, de bonne bouffe, de détente, de bien-être et j’en passe, ces 10 jours à travailler dans un ryokan au fin fond du Japon ont été, avec ma semaine chez l’habitant à Kyoto et le kamakura festival de Yunishigawa Onsen, les meilleurs moments de toute cette année 2016 au Japon.  Encore une fois, je vous conseille très fortement de prendre le temps de vous éloigner des grandes villes lors d’un voyage au Japon. La campagne japonaise est pleine de paysages magnifiques à découvrir et de rencontres plus faciles. J’espère qu’à travers cet article je vous aurai également donné l’envie d’effectuer une expérience en wwoofing si vous restez longtemps au Japon. Vous pouvez trouver ici : mon autre expérience en wwoofing tout-à-fait différente mais non moins riche et intéressante !

Véritable passionné du Japon, je reviens d’une année complète passée à visiter le pays de long en large. En espérant que le contenu de mon site vous plaira, n’hésitez-pas à me contacter pour tout projet intéressant!

Véritable passionné du Japon, je reviens d'une année complète passée à visiter le pays de long en large. En espérant que le contenu de mon site vous plaira, n'hésitez-pas à me contacter pour tout projet intéressant!

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