Situé dans la préfecture de Tochigi, Nikko est sans doute l’un des sites les plus populaires enregistrés au patrimoine de l’UNESCO. Connu en particuliers pour le temple Toshogu, chef-d’œuvre à la gloire d’Ieyasu Tokugawa, Nikko est un trésor à découvrir.

Visiter Nikko (日光)

Situé à environ 2 heures au Nord de Tokyo dans la préfecture de Tochigi (栃木県), Nikko présente une riche nature montagneuse. Cascades, lacs, rivières, plaines et monts sculptent le paysage offrant à chaque saison son charme. Pour les randonneurs et amoureux de nature, les chutes de Shiraito (白糸ノ滝), qui s’écoulent dans l’enceinte d’un temple élevé en l’honneur de « la fille des dieux », sont accessibles par une douce marche depuis le temple Toshogu. Très prisé en automne, l’Akechidaira (明智平) est accessible en randonnée ou en télécabine. La vue du lac Chuzenji (中禅寺湖) et de la cascade Kegon (華厳の滝) est considérée comme l’une des plus spectaculaires du lieu.

Nikko a été le berceau du Shintoisme et du Bouddhisme bien avant la création du temple Toshogu en 1617, comme en témoigne les temples Futarasan-jinja (二荒山神社) et Rinno-ji (輪王寺) fondés à la fin du 8ème siècle.  Enregistrés au patrimoine de l’UNESCO en 1999, les 103 bâtiments du complexe religieux ainsi que la relation étroite de ses derniers avec la nature, témoignent à la fois du génie architectural de l’époque Edo ainsi que des préceptes Shintoistes de l’homme en relation avec la nature.

Le Temple Toshogu (東照宮), un génie architectural

Si vous n’avez pas assez de temps pour tout découvrir à Nikko, ne manquez cependant pas le temple Toshogu, sans aucun doute le temple le plus connu du parc national. Celui-ci a été bâti en l’honneur du premier shogun de la dynastie Tokugawa, Ieyasu Tokugawa (徳川家康), qui unifia et pacifia le Japon en instaurant l’époque Edo. Rénové récemment, les prouesses architecturales et colorées du temple ont retrouvé leur splendeur d’antan.

Le sanctuaire Toshogu est situé au fond du parc en arrivant par la gare. Il vous faudra en premier lieu franchir le célèbre pont rouge de la ville de Nikko très prisé des touristes : le Shinkyō. Une fois l’Ishitorii (石鳥居) passée vous entrez sur le sol sacré du temple. Tout de suite à votre gauche se trouve la pagode à 5 étages (五重塔) sur laquelle sont sculptés les 12 signes du zodiaque chinois (il est possible de visiter l’intérieur). Une fois votre ticket en poche, c’est parti !

Que voir au sanctuaire Toshogu ?

Le Nemuri-neko

Tout d’abord, je vous recommande de vous aventurer jusqu’au fond du sanctuaire, à l’Okumiya (奥宮), où repose le premier Shogun du Bakufu, Ieyasu Tokugawa. Mais avant de vous lancer dans l’ascension des quelques 207 marches prenez le temps de lever la tête pour découvrir le « Nemuri-neko (眠り猫) » avant la « Sakashita-mon (坂下門) ». Classée au patrimoine national, cette sculpture de chat flânant au soleil gardien de l’entrée de l’Okumiya est dite être la représentation même de Nikko, signifiant « rayon de soleil ». Sur le revers, au lieu d’un chat, ce sont deux moineaux qui ornent la porte. Selon certains, si ces oiseaux et ce chat ont été sculptés au même endroit c’est pour représenter la nouvelle ère de paix qui venait alors de  s’installer sur le pays.  Et le fondateur de cette ère de paix repose en haut des marches à l’Okumiya. Si jamais vous manquez de temps ou que vos genoux vous font souffrir il est peut-être judicieux de payer vos respects en bas avant de vous lancer dans l’ascension, car le temple réserve encore bien des surprises !

Le Gohonsha

Une fois revenu de l’Okumiya par la Sakashita-mon, sur votre droite, se trouve l’entrée pour la visite du temple principal, Gohonsha (御本社) (fin des rénovations 31 Mars 2019). Le bâtiment principal offre de nombreux détails à découvrir dès l’extérieur jusqu’au fond de la salle. Saurez-vous y retrouver : les dragons gardiens de la porte, une «  麒麟) » (animal mythique à tête de dragon et corps de cerf), un phœnix, des papillons, etc. ? Entre sculptures et peintures, portes, colonnes et plafond, on ne sait plus où donner de la tête ! Une fois que l’intérieur n’a plus de secret pour vous, retournez dans la cour principale où se trouve entre autre la « Kara-mon (唐門) ». Cette porte blanche est ornée d’une sculpture de plus de 600 figures, contant l’histoire de «Shuntei chouken no gi (瞬帝朝見の儀) », légende chinoise évoquant une ère utopique de paix éternelle. Le héros de cette histoire, l’empereur chinois, a été sculpté avec un visage ressemblant à celui d’Ieyasu Tokugawa. On peut aussi y retrouver les 7 divinités de bonne fortune, ainsi que deux dragons noirs qui encadrent la porte.

La Youmei-Mon

Revenons maintenant à la porte principale « Youmei-mon (陽明門) » voulue aussi brillante que le soleil. Les deux côtés de la porte sont bâtis sur le même schéma. Sur le toit un démon garde la porte, son regard arrêtant les mauvais esprits tentant d’entrer. Au centre sur la partie blanche, un grand dragon blanc entouré par des dragons-chevaux (龍馬) – sabots remplaçants les griffes et absence de moustache- tous blancs et doré entourent la porte. Entre le toit et cette ligne blanche, des rangs de tête de dragons parents et enfants aux têtes rouges, vertes et dorées. Sous la ligne blanche, des scènes de jeux d’enfants « shichis », lions de la mythologie chinoise, puis, une nouvelle et dernière ligne de scénettes .

Une nouvelle fois le temple annonce une nouvelle période de paix : les enfants peuvent jouer sans crainte car les Tokugawa les protègent. La partie basse de la porte est cependant différente de chaque côté. A l’intérieur se trouvent des « shichis » or et bleu, alors que sur la façade principale ce sont deux sculptures de seigneurs féodaux qui gardent l’entrée. L’un d’eux est dit être Akechi Mitsuhide, un héros lié à l’histoire d’Oda Nobunaga et d’Ieyasu Tokugawa, que l’on reconnaît grâce à l’insigne de clan présent notamment sur ses genoux.

Les 3 singes Sanzaru

Quittant maintenant l’enceinte principale et revenant sur vos pas, l’un des autres  incontournables du temple Toshogu se trouve en face de vous : les trois singes. La fenêtre la plus connue est la deuxième en partant de la gauche. L’histoire est écrite en huit cases qui forment une boucle et content l’histoire de la vie (de la naissance à la naissance des enfants). Face aux singes sur un autre bâtiment, on y voit l’une des premières représentations d’éléphants. On peut imaginer que les échanges avec la Chine ont amené jusqu’aux oreilles des sculpteurs les descriptions de ces bêtes qui ont ensuite été dessinées par imagination.

Il est désormais temps de quitter le sanctuaire. Pensez à acheter vos souvenirs sur place, ils seront moins chers qu’à la gare de Nikko. Un strap-amulette coûte près de 300 yen au temple, contre plus de 400 yen à la gare. Voici quelques photos en vrac qui vous donneront, j’en suis certaine, l’envie de vous rendre au Toshogu Shrine.

Futarasan-jinja et Rinno-ji, les deux autres sites inscrits au patrimoine de l’UNESCO

Futarasan-jinja (二荒山神社), le temple shintoïste de Nikko

Futarasan-jinja (二荒山神社) fut le temple principal de Nikko pendant de longues années avant la construction duToshogu. Le nom du temple « Futarasan (二荒山)» vient de l’ancien nom du mont, aujourd’hui appelé « Nantai-san (男体)». Temple shintoïste de style classique, il est particulièrement réputé pour les mariages avec d’une part le « Ryouen (良縁) » qui favorise les bonnes rencontres, et d’autre part le « Kaiun (開運) » qui permettrait d’augmenter sa bonne  fortune.

Typique des espaces shintoïstes, ici, sont sacrés les arbres et les sources d’eau. Il y a trois groupes de cèdres qui sont particulièrement adorés :  le premier, une fois passé la « O-Torii (大鳥居) »  nommé « Goshinboku (御神木) », littéralement « l’arbre sacré », et les deux autres juste après la « shin-mon (新門)» à gauche l’ « Oyako-sugi (親子杉) » , les cèdres parents-enfants, à droite le « Meoto-sugi (夫婦杉) », les cèdres mariés. Si vous souhaitez entrer dans le jardin sacré du temple, le «shinen (神苑) » il vous faudra payer 200 yen. Ici vous pourrez notamment visiter le « Daikoku-ten (大国殿) », dédié à Daikokuten (大黒天) le dieu de la richesse . Lors de votre visite vous pourrez utiliser l’un des marteaux du dieu pour appeler la richesse à vous. Une expérience rare, même au Japon.  Vous pourrez également visiter la source sacrée du temple « futara-reisen (二荒霊泉) » dite particulièrement efficace contre les maladies et le vieillissement. Et si vous voulez faire une pause il y a une maison de thé juste à côté. Comptez 400 yen pour un thé matcha et des bonbons traditionnels.

Nikkozan Rinno-ji 日光山輪王寺, rare temple Tendai du Japon

Le Rinno-ji (日光山輪王寺) est le plus classieux et le plus grands des temples de construction en bois de Nikko. C’est aussi l’un des très rares temples de la branche « Tendai-mikkyo (天台密教) », mouvement bouddhiste de la période Heian au Japon.

Dans la salle principale, le « Sanbutsu-dou (三仏堂) », dont l’entrée coûte 400 yen, se trouvent les statues de bouddha. De par leur combinaison peu commune et la splendeur de leur réalisation, les sculptures de 7,5mètres de hauteur en bois dorés du temple Nikko-san Rinno-ji sont à ne pas manquer. En effet, il est commun d’avoir au centre Amida-Nyorai (阿弥陀如来), ou Amitabha, et à ses côté deux bosatsu, ou bodhisattva. Cependant, à Rinno-ji, Amida-nyorai est accompagné à sa droite par Batou-kannon (馬頭観音) et à sa gauche par Senju-kannon (千手観音). Opposé au Sanbutsudou se trouve le « Taiyuuin (大猷院) » dont l’entrée est à 550 yen. Si vous souhaitez visiter les deux lieux, le set vous coûtera 900 yen. Un ensemble de portes rivalisant de décorations vous conduira jusqu’à la tombe de Tokugawa Iemitsu徳川家光, troisième shogun de la dynastie. Parmi ces portes, la plus somptueuse est sans doute « Yasha-mon (夜叉門) » et ses quatre sculptures d’esprits gardiens : les Yasha.

Kinugawa-Onsen (鬼怒川温泉) pour prolonger le voyage

Nikko est vaste et une seule journée peut ne pas être suffisante pour en faire le tour. De ce fait, il vous est recommandé de passer une nuit sur place. Les options à Nikko même sont peu nombreuses et relativement chère. Cependant, situé à quelques minutes en train se trouve Kinugawa-Onsen (鬼怒川温泉) et ses Ryokan. Kinugawa-Onsen fut un lieu très prisé par les seigneurs féodaux à l’époque pour ses sources d’eau chaudes et ses paysages de montagnes.  Ce village thermal est toujours actif avec des options pour tous les portefeuilles, allant de 7,800 yen à plusieurs dizaines de milliers de yen.

Un exemple avec l’Itouen New Sakura (伊東園ニューさくら) de Kinugawa Onsen. Toute l’année le prix est à 7,800 yen par personne avec deux repas. Un prix aussi bas pour un ryokan signifie l’absence de Kaiseki-ryouri, cette cuisine japonaise raffinée et typique des ryokan qui est ici remplacée par un buffet à volonté incluant les boissons. A Kinugawa, le buffet inclu les réputés gyozas, ravioli chinois, d’Utsunomiya ainsi qu’un plat de saison (en hiver par exemple le crabe) Le buffet, mis à part le service est très semblable à celui d’un ryokan avec onsen public mais aussi privé, qu’il vous faut réserver lors de votre check-in. Autre point agréable on choisit son yukata une fois le check-in terminé avec un petit choix de design.

Aujourd’hui, nous pouvons trouver à Kinugawa-Onsen deux parcs à thèmes populaires qui peuvent prolonger votre aventure à Nikko : l’Edo Wonderland (日光江戸村), qui vous plonge au cœur de l’époque où samouraïs, geishas et ninjas vivaient, et le Tobu world square (東武ワールドスクウェア), parc où de nombreux paysages du monde entier sont miniaturisés. Enfin, lorsque vient l’hiver, il est également possible de vous rendre plus haut dans la montagne pour profiter du magnifique spectacle qu’est le Kamakura Matsuri de Yunishigawa Onsen.

Comment se rendre à Nikko depuis Tokyo ?

Avec le JR Pass

Au départ de Tokyo ou Ueno, la ligne de Shinkansen Tohoku vous permettra d’atteindre la station Utsunomiya où vous devrez changer pour la ligne JR Nikko qui vous amènera à destination. Le trajet, avec une bonne connexion entre les lignes, dure un peu plus d’1h30.

Sans le JR Pass

La ligne Tobu (東武) offre 2 pass pour Nikko qui couvrent un aller-retour en train de Tokyo à Nikko, ainsi que les lignes de bus.

  • Nikko World Heritage area pass: Le pass est valable pour 2 jours consécutifs, il permet de rejoindre Kinugawa-Onsen et la ville de Nikko mais ne couvre que les bus de la ville de Nikko.
    Prix : 2,000 yen (plus un ensemble de réduction pour des activités)
  • Nikko all area pass: le pass est valable pour 4 jours consécutifs, en plus de permettre de rejoindre Kinugawa-Onsen il couvre l’ensemble des bus jusqu’à Yumoto-Onsen ainsi le lac Chuzen-ji, le téléphérique d’Akechidaira et la navette pour Edo-mura
    Prix : Avril-Novembre 4,520 yen // Décembre-Mars 4,150 yen (plus un ensemble de réduction pour des activités)

Il est cependant conseillé d’acheter un ticket de train express à Asakusa pour le trajet Tokyo/Nikko, si vous souhaitez gagner du temps et de l’argent. Ils ont des réductions au bureau de vente. Notez aussi qu’un changement de train à la station Shimo-imaichi (下今市) est souvent nécessaire.


Svetlana Zehnder

Installée au Japon depuis 2016, j'espère vous donner l'envie de découvrir ce magnifique pays au travers de mes écrits.

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