Classé au patrimoine de l’UNESCO en 2004 parmi « les sites sacrés et chemins de pèlerinage des monts de Kii », le complexe monastique du mont Koya se situe dans la préfecture Wakayama. Regroupant pas moins  de 120 bâtiments religieux Koyasan est de nos jours l’un des plus imaportant sites du bouddhisme japonais et en particulier de la branche ésotérique shingon qui naquis ici. Entre paysage de montagnes et temples le mont Koya est une destination pour tous les amoureux de sérénité.

Kukai, père fondateur du bouddhisme ésotérique Shingon

Petit point Histoire, car il est difficile de parler du mont Koya(高野山) sans parler de son fondateur le moine Kukai(空海), aussi connu sous le nom de Kobo-daishi(弘法大師) après sa mort. Ce dernier est le fondateur du bouddhisme ésotérique shingon(真言密教), vénéré à Koyasan. Né dans une famille aisée, il fait ses études à la capitale, Nara, avant de partir pour la Chine à 24 ans afin de parfaire ses connaissances du bouddhisme. En Chine il apprend le Sanskrit auprès de maîtres indiens et rencontre le maître Huiguo, un maître chinois qui fit de lui son meilleur et dernier disciple et lui transmis ses connaissances du bouddhisme ésotérique juste avant sa mort.

Grand érudit, Kukai excelle non seulement en connaissance des textes sacrés bouddhiques mais aussi en ingénierie, en lettres, en médecine et il se fait aussi un nom en calligraphie. De retour au Japon, Kukai rencontre l’empereur Saga avec lequel il se liera d’amitié via l’art des lettres. Certains attribuent à Kukai la création des hiragana et des poèmes « I-Ro-Ha »(いろは) qui ont contribué à promouvoir l’alphabet syllabique hiragana.

C’est en 816, un peu après son retour de Chine que Kobo-daishi demande à l’empereur du Japon une terre au mont Koya pour créer un temple monastère qui deviendra Koyasan : le berceau du bouddhisme ésotérique shingon sur l’archipel. Le plateau est entouré de 8 montagnes et lui rappelle l’image d’un lotus à 8 pétales, fleur sacrée de l’illumination de Buddha. Si le moine suit les débuts de la construction de son monastère avec le temple Kongobu-ji, il décédera en 835 avant de voir l’achèvement de Koyasan.

Découvrir Koyasan : haut patrimoine spirituel

Avec plus d’une centaine de bâtiments religieux se répartissant le long d’un axe Est-Ouest de plusieurs kilomètres,entamer un voyage à Koyasan depuis Kyoto ou Osaka est une superbe idée. Mais découvrir le mont Koya prend du temps. Aussi seront présenté ici les plus importants bâtiments du mont Koya.

Daimon(大門) l’entrée sacrée du mont Koya

Littéralement « la grande porte » a été reconstruite en 1705 suite à la destruction du premier torii par la foudre et les feux de forêt. Cette porte garde l’entrée de la montagne sacrée. Construite sur deux étages et culminante à plus de 25m de haut, cette impressionnante porte est flanquée de deux sculptures Jinkongou-butsu, dites les plus hautes après celles du Todai-ji de Nara.

Danjo Garan(壇上伽藍), l’un des espaces les plus sacrés du mont Koya

C’est le complexe religieux principal du mont Koya avec une quinzaine de bâtiments. Il est censé représenter le mandala du Monde de la Matrice, l’un des écrits principaux de l’enseignement Shingon. Ce complexe abrite :

Le pavillon Kondo(金堂)

Ce pavillon a été le premier bâtiment du complexe Danjo Garan à avoir été bâti. Servant de dojo, le moine Kukai y aurait enseigné le bouddhisme shingon à ses disciples. Il abrite aussi des copies de représentation de Yakushi Nyorai, un bouddha guérisseur, ainsi que des “mandalas du sang” tracé dit-on avec le sang de Taira no Kiyomori, premier guerrier à se faire nommer daijo-daijin (premier ministre) à la fin de l’ère Heian.

La grande pagoda Konpon Daito(根本大塔)

Ce lieu est devenu l’emblème du Danjo Garan. Avec ses couleurs vibrantes la pagode offre de magnifiques images lors des jours de ciel bleu. A l’intérieur découvrez ce que le moine Kukai a souhaité édifier pour représenter le mandala du Monde de la Matrice : une représentation de Dainichi Nyorai (bouddha principale de la branche Shingon), 4 figures du Monde du Diamant, 16 colonnes décorées de représentations de Bouddha, des sculptures mais aussi des fresque murales représentant les huit patriarches qui rependirent le bouddhisme.

Le complexe Danjo Garan abrite aussi le Miedo(御影堂) ancienne résidence du moine Kukai, la porte Chumon(中門) récemment rénovée, et bien d’autre, dont deux autres pagodes celle de l’Est, Toto(東塔), et de l’Ouest, Saito(西塔). Kongobu-ji(金剛峯寺) et le Banryutei(蟠龍庭) temple principal du Mont Koya et premier édifice à avoir été construit sur le plateau. Il est le cœur spirituel du bouddhisme Shingon dans le monde. D’ordinaire les temples sont composé d’un unique bâtiment principal, cependant Kongobuji est un véritable complexe composé de la salle principale, de la chambre du moine principal, d’une salle intérieur, d’une annexe et d’une nouvelle annexe, d’une salle de dessin et d’une nouvelle salle de dessin, la salle des écritures, la tour de la cloche, la salle de Shinzan, une salle de prière Goma(護摩堂), une salle de méditation Ajikan(阿字観堂), et une maison de thé ainsi que le jardin zen de pierre du Japon : le Banryutei(蟠龍庭).

Ce jardin, dit pour être le plus grand du Japon, est composé d’une centaine de pierres de granite venant de Shikoku, terre natale du moine Kukai, et de sable blanc venant de Kyoto, le tout dessinant deux dragons dans les nuages dont la mission est de protéger le mont Koya.

Okunoin(奥之院), cimetière et terre du repos éternel de Kobo-Daishi

Grand cimetière de Koyasan, la légende raconte que Kobo-daishi n’y serait point enterré mais méditerait au fond de ce dernier après avoir quitté son enveloppe terrestre. L’on raconte aussi que si l’on est immolé près de ce dernier l’on sera réincarné dans l’autre monde.

Ce cimetière abrite plus de 200 000 tombes où d’illustres noms côtoient des anonymes. L’entrée du cimetière se fait par le pont Ichi-no-hashi(一の橋). Il est dit que l’on doit traverser le pont après s’être incliné en prière pour honorer Kobo-daishi. A partir du pont c’est un long chemin de plus de 2 kilomètres qui serpentent au milieu d’une vaste forêt de cèdres centenaires qui vous conduit jusqu’au mausolée du père du bouddhisme ésotérique japonais.

Avant de rentrer dans l’enceinte sacré du mausolée où repose Kobo-daishi l’on traverse le pont Gobyo-no hashi(御廟橋) qui représente une frontière entre deux espaces : l’un commun et l’autre spirituel. Il faut d’ailleurs le traverser avec le même recueillement que pour le pont Ichi-no-hashi.

Le mausolée de Kobo-daishi(弘法大師御廟) est considéré comme le lieu le plus sacré et mystique du mont Koya. De nos jours de nombreux pèlerins visitent encore le maître spirituel du bouddhisme shingon jour et nuit, en particuliers ceux et celles qui décident de parcourir l’ohenro(お遍路), le pèlerinage des 88 temples de Shikoku.

Prenez aussi le temps de lancer un coup d’oeil à la salle des lanternes : Toro-do(燈籠堂). Il est dit que plus de 10,000 lanternes sont présentes. L’une d’elles, Hinnyo-no-Itto(貧女のー燈), a été acheté par une pauvre femme qui souhaité prier pour ses défunts parents. Cette dernière coupa ses longs cheveux noirs pour les vendre et s’offrir la lanterne en mémoire à ses parents. On raconte que cette lanterne brûle depuis plus de 1,000 ans sans interruption. Plus d’informations sur le site officiel de Koyasan.

Dormir dans un temple au Mont Koya

De nombreux voyageurs souhaitent compléter leur expérience du mont Koya en séjournant dans un des temples que l’on appelle Shukubo(宿坊). Traditionnellement ce type d’hébergement était réservé aux moines, cependant à partir de l’ère Edo le nombre croissant de pèlerins entraîna la prolifération des Shukubo qui aujourd’hui accueillent aussi les voyageurs étrangers en quête d’un Japon authentique. Il est à noter que les Shukubo offrent uniquement des chambre de types traditionnelles ( 和 室 ) , c’est-à-dire sur futons. Dans chacun des temples Shukubo, le repas du soir et le petit-déjeuner sont inclus. Le dîner est une cuisine végétarienne traditionnelle des temples bouddhistes : Shojin Ryori(精進料理). Vous pouvez trouver sur ce site l’ensemble des shukubo.

Il est possible de découvrir le bouddhisme ésotérique japonais à travers l’initiation des ses pratiques. L’Ajikan est un système de méditation propre à la branche Shingon ou l’on médite en regardant la lettre sanskrit “A”. Cette pratique offre des vertus de relaxation ainsi qu’un entraînement de l’esprit. Le moine Kukai aurait par ce biais amélioré ses facultés d’apprentissage ainsi que sa mémoire, lui permettant de tout apprendre du moine Huiguo en seulement quelques mois. La copie de sutras bouddhique est aussi très populaire et de nombreux shukubo la propose à leurs invités. La participation aux prières du matin qui sont
destinées aux ancêtres est plus particulière ainsi que celui du Goma, un rituel par le feu propre au bouddhisme ésotérique shingon, est aussi une occasion de vivre cette culture.

Comment aller au mont Koya ?

Que l’on parte de Tokyo ou Osaka, il est nécessaire de rejoindre la station Gokurakubashi(極楽橋駅) sur la ligne Nankai(南海) afin de récupérer le téléphérique pour rejoindre la station Koyasan(高野山駅). A partir de cette station, vous pouvez soit décider de marcher, soit de prendre le bus pour rejoindre le centre ville. La station Koyasan se situe proche du Nyonindo(女人堂) au Nord Ouest.

Il existe le pass “Nankai Koya Patrimoine Mondial” qui couvre toute la zone de Koyasan et inclus aussi un aller-retour depuis votre gare d’achat. Ce pass est valide deux jours dans l’enceinte du complexe religieux de Koyasan avec les bus Nankai Rinkan Bus(南海りんかんバス), et offre de nombreuses réduction pour les entrées et visite des bâtiments classés à l’UNESCO. Il existe 2 pass l’un à 2,860 yen et l’autre à 3,400 yen qui lui inclus un aller avec le train « Express Koya »(特急こうや) qui réduit votre temps de voyage de 20
minutes entre Namba (Osaka) (なんば) et Gokurakubashi. Le prix d’un aller simple au départ de
Namba avec un train rapide, mais non express, est de 1,260 yen. Plus d’informations sur le site de la compagnie.

Bon voyage à Koyasan !


Svetlana Zehnder

Installée au Japon depuis 2016, j'espère vous donner l'envie de découvrir ce magnifique pays au travers de mes écrits.

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