Yokohama | Ville portuaire futuriste

« Port du futur » car lorsque le Commandant Perry entra dans la baie de Yokohama avec son armada c’est sans doute le futur qu’ont alors vu débarquer les japonais de l’ère Meiji. « Port du futur » également pour Minato Mirai 21, considéré comme le cœur de la ville de jour comme de nuit.

Bienvenue à Yokohama !


Le bourg de Yokohama n’était qu’un petit port de pêcheurs jusqu’à l’arrivée du Commandant Perry en 1853. Quelle a dû être la surprise des paysans en voyant entrer les bateaux noirs américains et leurs canons. A cette époque, le Japon était sous le régime Sakoku imposé par le Shogun Tokugawa, et le Commandant Perry arrivait pour forcer son ouverture au monde. Il obtiendra la signature du Traité de Kanagawa l’année suivante, et de ce fait propulsera le petit port de Yokohama au rang de port international en 1859. Yokohama devient alors la porte d’entrée du monde occidental au Japon, première ville à avoir un journal en anglais, à découvrir la bière, la photographie, les glaces…
Aujourd’hui, Yokohama reste un peu méconnue du public étranger. A moins d’une heure de Tokyo, la seconde plus grande ville du Japon mérite qu’on s’y arrête pour la découvrir.

Que faire à Yokohama ?

Kannai 関内


Centre économique de Yokohama à la suite du Traité Harris, Kannai n’est pas à proprement parlé un quartier de Yokohama mais une zone géographique qui englobe entre autre le centre-ville, Chinatown (plus grand du Japon, suivi par celui de Kobe) et le parc Yamashita. Ici furent installées les délégations étrangères et autres entreprises traitant avec les gaijins. Kannai étant entourée d’un côté par l’océan, d’autre par des rivières et canaux, l’accès se faisait via des check-points Kanmon (関門), d’où le nom Kannai « à l’intérieur des portes ». Ainsi, le gouvernement pouvait limiter les contacts entre étrangers et samouraïs, qui eux vivaient et voyageaient par Kanagawa-juku à l’Ouest de la rivière aujourd’hui disparue.
De nos jours, Kannai est resté un centre administratif et économique où les bâtiments historiques peinent à être sauvegardés. Vous y trouverez :

  • les trois tours : la tour du roi (キングの塔), la tour de la reine (クイーンの塔) et la tour Jack (ジャックの塔) dont les vitraux sont exceptionnels au Japon et le bâtiment considéré comme l’un des plus beaux de nuit.
  • Osanbashi (大さん橋), la jetée construite en 1896 qui accueille depuis les visiteurs étrangers à Yokohama.
  • Le musée de la soie (シルク博物館), ouvert en 1959 introduit non seulement l’histoire de la production de la soie mais aussi son utilisation à travers le Japon et le monde. Le commerce de la soie étant sans aucun doute le plus important.
  • Le parc Yamashita (山下公園), l’un des parcs avec vue sur le port et l’océan.
  • Tout un réseau de tavernes et brasseries à bière !

Yokohama Chukagai 横浜中華街


Parmi les populations internationales qui arrivent à Yokohama avec l’ouverture du Japon au monde, il y a les chinois. Selon la loi en place à l’époque, ils sont installés dans la zone au sud du centre-ville. C’est le début de la Chinatown, où les immigrants sont alors d’environ 4000. Et si aujourd’hui il y a principalement des restaurants chinois dans le quartier chinois, à cette époque écoles et temples étaient tout autant présents. Cependant, à la suite du tremblement de terre du Kanto, de nombreux chinois firent le choix de rentrer sur le continent. Quelques années plus tard, la Chine et le Japon entrèrent en guerre, annonçant la fin de l’expansion de la Chinatown de Yokohama.

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Visiter Yokohama Chukagai (横浜中華街) c’est s’offrir un second voyage au cœur du premier. Couleurs vives, odeurs d’épices poivrées et d’encens, musique et dialectes, l’ambiance une fois l’une des portes protectrices passée (la plus connue étant celle de la Bienveillance à l’Est), vous transporte à travers tous les sens au cœur de la Chine. C’est d’ailleurs près de 250 magasins qui composent ce district divisé entre restaurants, cafés, vendeurs spécialisés en denrées chinoises mais aussi vêtements. Si vous êtes chanceux, votre visite correspondra peut-être avec une parade ou une danse du Lion.

Yamate et Motomachi 山手・元町


Le boom économique de Yokohama fut tel que Kannai ne put accueillir tous les nouveaux résidents étrangers. Le gouvernement décide alors de construire un nouvel espace sur la colline Yamate, autrefois appelé The Bluff Motomachi, situé sur un petit village nommé Motomura (元村) quand les étrangers arrivèrent. Situé à la frontière des quartiers Yamate et Yamashitacho, Motomura était alors tous les jours traversé par les étrangers allant travailler à Kannai. Le modeste village s’adapta très rapidement aux demandes des gaijins. Cafés, boulangeries, et autres boutiques remplirent les rues avec l’ère Meiji.
De nos jours, ces deux quartiers abritent encore des bâtiments de l’époque Meiji et Taisho dont le style architectural est teinté d’influence européenne comme les Bluff 111 et 234 ou le Hall Berrick (ベーリック・ホール), et le « parc duquel on peut voir le port » (港の見える丘公園). Alors que Motomachi Shopping Street témoigne de la rencontre de l’Orient et de l’Occident comme en témoignent les restaurants de cuisines internationales.

Minato Mirai 21 横浜みなとみらい21


Dans les années 80, un projet urbain voit le jour pour servir de lien entre la gare de Yokohama et le centre traditionnel : Minatomirai, le port du Futur. Le centre économique dessiné alors est devenu le symbole de Yokohama et attire autant de visiteurs qu’il n’abrite de « salarymen ».

  • Yokohama Landmark Tower (横浜ランドマークタワー), est une tour remplie de magasins et de restaurants avec des vues imprenables sur Yokohama. Au 69ème étage se trouve le Sky Garden (スカイガーデン) qui offre une vue à 360° sur la ville (entrée : 1000¥).
  • Cosmo World (よこはまコスモワールド), le parc d’attraction qui abrite l’une des plus hautes grande roue du monde la Cosmo Clock 21 (コスモクロック21) (1 tour, 900¥, 15min) et autres activités (chacune avec son propre prix).
  • Mitsubishi Minatomirai Industrial Museum (三菱みなとみらい技術館), un musée dédié à l’industrie des technologies (entrée : 500¥) autour de trois thèmes : le ciel, l’eau, et l’espace, retraçant l’histoire et dessinant le futur des technologies.
  • Nippon Maru (日本丸メモリアルパーク), ancien navire japonais de 1930 aujourd’hui réinvesti en musée. Avec de la chance vous pourrez peut-être voir le vaisseau blanc toutes voiles dehors, événement qui arrive 10 fois par an. A côté, un musée sur l’histoire du port de Yokohama (entrée : 600¥ bateau et musée)
  • Akarenga Soko (横浜赤レンガ倉庫), les entrepôts de briques rouges qui donnent directement sur la mer ont été réinvestis en tiers-lieu où restaurants et boutiques attirent locaux et touristes, et où expositions et festivals sont tenus tout au long de l’année. Construit vers 1905, les entrepôts survécurent au tremblement de terre de 1923 grâce à leur structure renforcée en fer. A la suite de la seconde guerre mondiale, les Américains réquisitionnent les bâtiments pour leurs troupes jusqu’en 1956. Cependant, la popularisation des containers leur fait perdre leur utilité et en 1989 les entrepôts sont fermés. Il faudra attendre 2002 pour que les structures rouvrent au public, telles qu’elles sont maintenant, et nous savons qu’une initiative pareille au Japon se doit d’être notée ! Et un contraste intéressant avec le reste des bâtiments qui composent Minato Mirai 21.
  • Musée des nouilles instantanées (カップヌードルミュージアム 横浜) si vous voulez tout apprendre sur les nouilles instantanées voici la bonne adresse ! (entrée : 500¥) Vous avez même la possibilité de participer à un atelier et créer votre propre cup ramen (400¥ par cup). Spécialement pensé pour les familles le musée reste une belle option pour tous les curieux.

Mais il y a aussi des routes de ballades entre les grattes-ciel, le pont Yokohama Bay Bridge, le musée d’Art Contemporain de Yokohama, des sentos, et une ribambelle de boutiques.

Sankei-en 三渓園


Un peu à l’extérieur du centre-ville se trouve le jardin japonais construit par Hara Sankei, un homme qui fit fortune dans le commerce de la soie. Né à Gifu, il devint professeur à Tokyo là où il rencontra sa femme. Adopté par la famille de cette dernière, il prend part dans les affaires commerciales qu’elle mène déjà à Yokohama, modernise et internationalise l’entreprise, ce qui lui assurera son succès économique. Cependant, la passion de Sankei va à l’art et il construit son jardin au début du XXème siècle pour y accueillir des artistes et des œuvres. Il ouvre d’abord en 1906 le Jardin extérieur au public, mais accueillera dans sa résidence Kakushokaku (鶴翔閣) de nombreuses figures politiques et culturelles.
Sur près de 17 hectares, l’on trouve 17 bâtiments historiques de différentes époques et de différentes régions du Japon comme l’ancienne résidence de la famille Yanohara (旧矢箆原家住宅), une maison gassho-zukuri venant de Shokawa près de Shirakawa-Go, ouverte au public toute l’année, comme l’ancienne Pagode à trois étage du temple Tomyoji de Kyoto (旧燈明寺三重塔), construite en 1417 et déplacée en 1914 pour servir de point clef à la composition du Jardin, ou encore comme Choshukaku (聴秋閣) construit en 1623 par Tokugawa Iemitsu près du château Nijo-jo.
Le jardin fut endommagé à deux reprises, en 1923 avec le grand tremblement de terre du Kanto puis lors de la seconde guerre mondiale. Cependant la ville de Yokohama a su lui redonner son charme premier. Aujourd’hui le jardin accueille toujours des expositions d’art et perpétue l’ambition de créateur : partager ce qui est beau. (entrée : 700¥)

Comment se rendre à Yokohama ?

Ce n’est pas moins de 4 compagnies qui desservent Yokohama : Japan Railways (JR), Tokyu Railways, Keikyu Railways et Sagami Railways (Sotetsu). Le seul point à vérifier est votre gare d’arrivée : Yokohama ou Shin-Yokohama. Si vous le pouvez, Yokohama est la plus centrale et vous donnera directement accès aux espaces touristiques, alors que Shin-Yokohama vous demandera un changement par train ou métro pour vous rendre au cœur de la ville. Sachez également que la ville de Yokohama est toute proche de l’aéroport international de Narita. Ainsi elle est très facilement accessible après un vol depuis la France trouvé avec Easyvols par exemple.
Où que vous soyez au Japon il vous sera facile d’arriver jusqu’à la ville portuaire.

  • Depuis le Sud, Kansai ou Kyushu, le Shinkansen vous amènera rapidement jusqu’à Shin-Yokohama (Fukuoka-ShinYokohama, 5h30 / Kyoto-ShinYokohama, 2h).
  • Depuis Tokyo vous aurez l’embarras du choix entre Keikyu, JR et Tokyu en fonction de votre point de départ (20-40min).
  • Depuis Kamakura via le JR Yokokusa (30min).
  • Depuis Hakone, il vous faudra rejoindre la gare Odawara par l’Hakone Tozan (15min) puis prendre le JR Tokaido (55min).

En interne, la ville de Yokohama présente un réseau dense de transport ainsi qu’une variété de pass pour les touristes comme par exemple :

  • Yokohama-Minatomirai pass : pour 530¥ ce pass vous donne un accès libre sur la ligne JR Negishi depuis Yokohama jusqu’à Shin-Sugita et sur la ligne Minatomirai depuis Yokohama jusqu’à Motomachi-Chukagai, couvrant les principaux lieux touristiques.
  • Minato-Burari pass : pour 500¥ vous aurez accès au métro et bus de la zone désignée qui couvrent Kannai, Minatomirai, et Sankeien (seulement les arrêts du jardin) et à un certain nombre de réductions auprès des magasins participants.
  • TOKYU Minatomirai ticket : comptez environ 800¥ pour ce ticket vous offrant un aller-retour depuis une gare (la même à l’aller et au retour) de la ligne Tokyu et un pass d’une journée sur la ligne Minatomirai.

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